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1914-1918 en Alsace-Moselle

Ouvrage collectif, éd. Unsri Gschìcht, juillet 2019, 176 p. 15 €.

ISBN : 978-2-9569-0610-0

 

1918, l’année de la commémoration de la fin de la Grande Guerre. Hommage aux poilus.

Sauf qu’en Alsace-Moselle, les 380 000 soldats étaient alors des Feldgrauen, engagés dans l’armée du Kaiser pour la défense de leur patrie : l’Allemagne.

Les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale ont montré que la déformation de l’histoire de l’Alsace et de la Moselle est encore de mise aujourd’hui : La Marseillaise et La Madelon chantées devant les monuments aux morts, poilus célébrés dans les écoles, drapeaux bleu-blanc-rouge pour rappeler la… « libération » de 1918 !

Un point de vue strictement franco-français qui ne reflète en rien la réalité vécue par les Alsaciens-Mosellans durant cette période. Même les cérémonies placées sous le signe de la réconciliation franco-allemande n’ont pas permis d’exposer la spécificité alsacienne et mosellane, gommée par la célébration de l’heureuse amitié d’aujourd’hui entre les anciens ennemis d’hier. Entre « eux » et « nous ». Or nous, les Alsaciens et Mosellans, nous étions eux…

Dans ce contexte, il était nécessaire de présenter le point de vue alsacien-mosellan. C’est ce à quoi Unsri Gschìcht s’est attelé en organisant, le 10 novembre 2018 à Strasbourg, au Foyer de l’étudiant catholique (Fec), son premier colloque à destination du grand public. L’ouvrage 1914-1918 en Alsace-Moselle regroupe l’essentiel des interventions de ce colloque.


 

 

Alsaciens prisonniers de la France, 1914-1919

Daniel Willmé, éd. Unsri Gschìcht, janvier 2020, 136 p. 23 €.

ISBN : 978-2-9569-0611-7

 

Nous sommes en 1914. Plus exactement le 7 août. Les Français envahissent les vallées de Thann, Masevaux et une partie du Sundgau. Après deux offensives de l’armée française en direction de Mulhouse les 7 et 19 août – attaques qui se sont soldées par des échecs – le front s’établit sur une ligne allant de Pfetterhouse au Bonhomme.

Dès le début de la guerre, la France prend des mesures d’arrestation de ressortissants civils des pays ennemis se trouvant sur son territoire . Que ce soit par crainte d’espionnage ou pour les soustraire à leur service national dans l’armée allemande, de nombreux hommes, femmes, enfants de l'Alsace "reconquise" seront internés dans différents lieux de détention français.

Il y a tout d’abord la plupart des fonctionnaires allemands en place… Puis tous les Alsaciens "douteux", ceux qui sont soupçonnés de germanophilie. Nombreux ont été l’objet de dénonciations calomnieuses pour des raisons de vengeance, de jalousie, et, comble de l’aberration, pour avoir pactisé avec l’ennemi "prussien" alors qu’ils étaient, pour la plupart d’entre eux, nés allemands après 1871.

Dans ce livre intitulé Alsaciens prisonniers de la France, 1914-1919, Daniel Willmé a recueilli les témoignages de deux familles de la vallée de Masevaux : la famille Liller de Guewenheim et l’instituteur de Sentheim, Joseph Sutter.

La famille Liller a été incarcérée durant 57 mois dans treize camps ou localités différents après avoir été accusée d’atteinte à la sûreté de l’Etat et d’intelligence avec l’ennemi. Sa détention se terminera à Strasbourg après la fin de la guerre à l’issue d’un procès qui se soldera par un non-lieu.

Joseph Sutter sera détenu durant 47 mois dans quatre lieux de détention (détenu conjointement durant quelques mois avec la famille Liller à Saint-Rémy-de-Provence). A l’instar de nombreux enseignants ou étudiants alsaciens détenus, il subira les brimades et les vexations d’une population française hostile à ces « têtes de cochon, sales Boches ». « Invité » à renier sa nationalité d’Alsacien-Lorrain pour endosser la citoyenneté française, il ne cèdera pas sa nationalité d’origine et fera les frais de ce refus.

Malades, déprimés, peu ou pas indemnisés, mis au ban de la société fraternelle que la France leur avait promise, en quête de repères, ils demeureront des proscrits.

Plonger dans l’histoire de ces camps de détention permet de mieux comprendre l’adversité française à l’égard de l’Allemagne ; notamment cet esprit de revanche et cette volonté de reconquête des provinces perdues qui ont imprégné la culture collective française et qui furent l’une des raisons de la Grande Guerre.


 

1870/71 en Alsace-Moselle : annexion ou libération ?

Ouvrage collectif, éd. Unsri Gschìcht, septembre 2020, 169 p. 18 €.

ISBN : 978-2-9569-0612-4

 

L’histoire de l’Alsace et de la Moselle telle qu’elle est présentée par l’histoire officielle est très éloignée de l’histoire vécue par les Alsaciens et les Mosellans. Cette déformation de notre passé est encore à l’œuvre aujourd’hui, comme le montrent de nombreux écrits parus pour le 150e anniversaire de la guerre franco-allemande de 1870 ravivant tous les grands clichés de l’histoire patriotique.

Unsri Gschìcht souhaite au contraire, avec la parution de 1870/71 en Alsace-Moselle : annexion ou libération ?, permettre aux Alsaciens et Mosellans de retrouver une histoire objective du conflit et de ses conséquences, dégagée des approches orientées et des mots biaisés.

Les thèmes des articles sont des plus variés : la politique étrangère française d’avant 1870 ; l’opinion publique dans les villes assiégées pendant le conflit ; le passage de la souveraineté française à la souveraineté allemande à partir de l’exemple de Mulhouse ; la réalité de l’option et de l’émigration ; l’opinion pro-allemande en Alsace avant, pendant et après le conflit ; la mise en place d’un cadre institutionnel dans les années 1870 ; la figure de l’Alsacien de 1870 vue par Zola ; le souvenir de la guerre de 1870 aujourd’hui à travers le regard d’un reconstituteur.

La question implique ici moins un choix entre les deux qu’une interrogation sur chaque terme. Celui d’annexion est le plus tabou : jamais, jusqu’à présent, l’historiographie française ne s’est interrogée sur son emploi ! Eric Ettwiller, président d’Unsri Gschìcht, qui a réuni les différentes contributions, s’y est attelé dans l’introduction à l’ouvrage… Et montre que, si le terme se justifie d’un point de vue technique, il est devenu difficilement utilisable par l’historien.