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11 novembre en Alsace et en Moselle

pour des commémorations respectueuses de notre histoire

 

Le contexte

Le 11 novembre 1918 à 05h15, dans un wagon stationné dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, les représentants des belligérants de la Première Guerre mondiale signaient l’Armistice ; à 11h00 entrait en vigueur le cessez-le-feu, mettant provisoirement fin aux combats. La guerre ne sera officiellement terminée que par la signature du traité de Versailles, le 28 juin 1919.

La loi du 24 octobre 1922 fixe au 11 novembre la commémoration de la victoire et de la paix. Depuis la loi du 28 février 2012, il est rendu hommage ce même jour à tous les morts pour la France.

Sauf qu’en Alsace et en Moselle, la quasi totalité des soldats tués durant la guerre 1914-1918 mentionnés sur les monuments aux morts sont des Feldgrauen ! En effet, durant la Première Guerre mondiale, les 380 000 soldats alsaciens et mosellans ont combattu pour leur patrie d’alors, l’Allemagne.

Leur rendre hommage selon le cérémoniel proposé par le ministère des Armées, élaboré pour les poilus, constitue donc, au pire, une falsification flagrante de notre histoire régionale, au mieux, une imposture intellectuelle tendant à gommer la réalité vécue par nos aïeux.

 

Unsri Gschìcht intervient auprès du président de la République

Pour que soit – enfin ! – instaurée, en Alsace et en Moselle, une cérémonie du 11 novembre tenant comptant et respectant la singularité de notre histoire, Unsri Gschìcht a, par lettre du 5 septembre 2019, saisi le président de la République.

Par courrier du 27 septembre 2019, le chef de cabinet d’Emmanuel Macron, François-Xavier Lauch, accusait réception et nous informait qu’il transmettait notre demande à Geneviève Darrieussecq, alors secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées.

C’est sous la plume de son directeur de cabinet, Eric Lucas que ladite secrétaire d’Etat nous a fait parvenir, par lettre datée du du 23 décembre 2019 (!), sa réponse à notre requête. Dans sa lettre hallucinante – qui peut être considérée comme l’expression la doctrine officielle de l’Etat concernant la mémoire des Feldgrauen d’Alsace et de Moselle – Eric Lucas rejette notre demande et assume la falsification de notre histoire au nom de… l’unité nationale !

Dans sa lettre du 14 octobre 2020 au président de la République, Unsri Gschìcht a dénoncé avec force le mépris et l’arrogance de cette doctrine et en appelle une nouvelle fois au chef de l’Etat pour que cesse cette légitimation assumée de la violence mémorielle subie par les anciens combattants alsaciens et mosellans depuis 1918.

 

Unsri Gschìcht en appelle aux maires d’Alsace et de Moselle et aux citoyens !

L’Etat persistant, au plus haut niveau, à refuser ce qu’un minimum d’honnêteté intellectuelle devrait pourtant reconnaître, Unsri Gschìcht invite les maires d’Alsace et de Moselle à ne plus jouer le rôle de fossoyeurs mémoriels en instaurant, dans leurs communes, des cérémonies respectueuses de notre histoire et de la mémoire de nos Feldgrauen. Dans la dignité, le respect de nos valeurs républicaines, un esprit humaniste et une dimension européenne.

 

En outre, Unsri Gschìcht en appelle aux citoyens des communes d’Alsace et de Moselle qui, soucieux de faire respecter la vérité historique, souhaitent devenir délégué(e) communal(e) du 11 novembre

Reportage de France 2 mettant en lumière

l'action d'Unsri Gschìcht (journal de 20H du 11.11.2019)


 

Données historiques

Plus d’un siècle nous sépare désormais de la Première Guerre mondiale. En Alsace-Moselle, les bouleversements politiques mais aussi linguistiques intervenus depuis 1918 brouillent notre compréhension des épreuves traversées par nos ancêtres combattants et leurs familles.

C’est pourquoi, pour ne pas travestir leurs vécus, il convient de rappeler certains faits historiques :

En 1914, l’Alsace-Moselle, appelée alors Alsace-Lorraine, était allemande depuis sa cession par la France en 1871. La région avait le statut de Reichsland. Administrée par un gouverneur représentant l’empereur d’Allemagne, elle disposait depuis 1874 d’une assemblée régionale, qui exerça très tôt une partie du pouvoir législatif. Cette assemblée de notables, élue au suffrage indirect, fut remplacée en 1911 par un véritable parlement régional, dont la chambre basse était élue au suffrage universel. Ce changement résultait d’une constitution donnée à l’Alsace-Lorraine par l’empereur Guillaume II, conférant à la région une large autonomie. Le drapeau rouge et blanc (Rot un Wiss) popularisé en Alsace à la fin du XIXe siècle fut adopté, garni d’une croix de Lorraine, comme drapeau du Reichsland ; l’empereur refusa cependant sa reconnaissance officielle. Une vie politique démocratique se développa malgré les manœuvres des militaires contre le pouvoir civil : la célèbre affaire de Saverne (1913) posait en réalité un problème politique, pas national. La population du Reichsland était essentiellement constituée d’autochtones alsaciens et lorrains et d’Allemands du reste de l’empire arrivés depuis 1871, appelés Vieux-Allemands (Alt-Deutsche). Ces derniers étaient surtout présents dans les villes, où les mariages les unissant à des autochtones étaient légion. On est loin des caricatures de Hansi présentant deux peuples se regardant en chiens de faïence !

Sur le plan linguistique, l’Alsace-Lorraine de 1914 était germanophone à 87%. On parlait surtout les dialectes alémanique ou francique, à l’instar de nos voisins badois, palatins ou sarrois. On lisait et on priait en allemand standard (Hochdeutsch), ce qui était déjà le cas dans l’Alsace française d’avant 1871. Les francophones vivaient surtout en Lorraine, ainsi que dans des vallées alsaciennes et quelques communes du Sundgau. Des liens avec la France existaient, dans la bourgeoisie ou dans des familles pourvoyeuses de bonnes, mais quasiment aucun Alsacien-Lorrain ne se sentait Français en 1914.

Dans ce contexte, la mobilisation annoncée le 1er août 1914 s’effectua sans surplus dramatique s’ajoutant à la crainte universelle de la mort. Les hommes mobilisés avaient fait leur service militaire de deux ans dans l’armée allemande, après lequel ils avaient été régulièrement sollicités par l’armée dans le cadre de la réserve. Les photographies de l’époque, notamment celles prises dans le cadre privé ou lors de moments de détente, ne laissent aucun doute sur le consentement des Alsaciens-Lorrains à servir leur patrie, l’Allemagne. Ces soldats combattirent partout, notamment sur les deux fronts principaux, à l’ouest contre la France et à l’est contre la Russie.

A partir de 1915, l’armée donnait pour consigne de transférer les Alsaciens-Lorrains sur le front de l’est, mais ce versement vers l’est n’a jamais été généralisé. En 1914, le nombre d’appelés alsaciens-lorrains était de 220 000. Au total, 380 000 ressortissants du Reichsland serviront sous l’uniforme feldgrau pendant la Première Guerre mondiale.

On compte, en 1918, 50 000 tués et 29 000 prisonniers. On dénombre peu de déserteurs dans les rangs alsaciens : 20 sur 6000 Alsaciens-Lorrains engagés dans la bataille de Verdun. Les soldats alsaciens-lorrains combattant dans l’armée française représentaient une petite minorité de 20 000 individus, aux parcours divers (expatriés d’avant 1914, authentiques déserteurs, prisonniers de guerre enrôlés dans les camps français) : Les familles tiraillées, avec un fils Feldgrau et un autre Poilu, représentaient donc des cas exceptionnels.

Quant aux civils, les Alsaciens-Lorrains connaissaient les mêmes problèmes que leurs compatriotes allemands victimes du blocus, avec d’autres qui s’ajoutaient du fait de la proximité du front. Malgré les pénuries, ils participaient à l’effort de guerre. Ils souffraient cependant de la suspicion des autorités militaires, qui exerçaient un strict contrôle sur la région.

On parle souvent de « dictature militaire » allemande, mais il convient dans ce cas de parler aussi de dictature militaire française, que cela soit pour les territoires occupés à partir de l’été 1914, avec l’internement de milliers de civils des régions de Thann et Dannemarie, ou pour la prise en main de la région en novembre 1918 et l’épuration ethnique et politique menée avant sa cession officielle à la France par le traité de Versailles le 28 juin 1919.

On comprend que le « retour » à la France ne fut en rien une « libération » au sens politique du terme. La population civile qui accompagnait les défilés de l’armée française fin novembre 1918 fêtait la fin de la guerre et de la pénurie, tandis que les soldats en attente de démobilisation étaient tenus à l’écart. Les Alsaciens-Lorrains déchanteront bientôt de la perte de leur autonomie.

DATES & CHIFFRES CLES

1871 : l’Alsace et une partie de la Lorraine (future Moselle) sont cédées par la France à l’Allemagne par le traité de Francfort

25 juin 1912 : à l’unanimité, le Landtag du Reichsland Elsass-Lothringen adopte le Rot un Wiss (rouge et blanc) qui, assorti d’une croix de Lorraine, devient le drapeau officiel de l’Alsace-Lorraine. Sans dimension partisane, il incarne l’âme du peuple

1er août 1914 : mobilisation de l’Allemagne, donc de l’Alsace-Moselle/Elsass-Lothringen

87 % de la population est germanophone en 1914

380 000 Feldgrauen alsaciens-mosellans sont mobilisés au total durant la guerre 1914-1918

20 000 Alsaciens-Mosellans ont combattu dans l’armée française parmi lesquels des expatriés d’avant 1914, d’authentiques déserteurs et des prisonniers de guerre enrôlés dans les camps français

20 : c’est le nombre de déserteurs alsaciens-mosellans sur 6 000 engagés à la bataille de Verdun

50 000 Alsaciens-Mosellans ont été tués sous l’uniforme feldgrau durant la Première Guerre mondiale

29 000 Alsaciens-Mosellans ont été blessés

 

MYTHES

Au regard des chiffres, les familles tiraillées – avec un fils Feldgrau et un autre Poilu – représentent des cas tout à fait exceptionnels. Quant aux frères se faisant face, chacun dans un camp, compte-tenu de l’étendue du front et du nombre de théâtres de combat, cette situation était statistiquement hautement improbable.

Cérémonie modèle en Alsace et en Moselle

 

Il convient avant tout de rappeler que :

 

– la loi n°2012-273 du 28 février 2012 fixant au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France ne concerne pas les Feldgrauen alsaciens-mosellans puisqu’ils sont morts pour leur patrie d’alors, l’Allemagne ;

– la lecture, par le maire, du discours proposé par le ministère des Armées n’est qu’une invitation sans caractère contraignant et ne résulte que d’une tradition républicaine (réponse ministérielle n°48492 du 12 mai 2009) ;

– enfin, le maire seul est responsable du déroulement des cérémonies publiques dans sa commune (article L2212-2 du code général des Collectivités territoriales).

 


 

Feldgrauer de Colmar avec sa famille (colorisation par Luc Heinrich)

Les 4 points d’une cérémonie modèle en Alsace et en Moselle

1. Un discours respectueux de la vérité historique

Ce discours rappelle la réalité historique de l’Alsace et de la Moselle en 1914-1918. Il souligne l’attachement de la quasi totalité des Feldgrauen à leur patrie d’alors, l’Allemagne et la nécessité, par respect pour leur mémoire, de le reconnaître. Enfin, le discours s’inscrit dans le contexte actuel de paix et l’attachement de la commune aux valeurs républicaines et européennes.

Unsri Gschìcht propose un modèle de discours en français et en allemand.

2. La mention des prénoms en allemand 

L’Etat français n’a autorisé l’inscription des Feldgrauen alsaciens et mosellans qu’à la condition que leurs prénoms soient mentionnés dans la langue de l’ennemi d’alors ; en français, donc…

Or, les Joseph, PierreCharles et autres François inscrits sur les monuments d’Alsace et de Lorraine n’ont jamais porté ces prénoms. Nés et morts Josef, Peter, Karl ou Franz, la francisation de leurs prénoms constitue une atteinte à leur dignité.

Sauf quelques rares exceptions – comme à Geispolsheim ou Lampertsloch (Bas-Rhin) où les prénoms figurent en allemand – il appartient à chaque maire d’Alsace et de Lorraine de réparer cette manipulation mémorielle pouvant laisser croire que les Feldgrauen étaient français en énonçant prénom et nom de chaque inscrit, victime de la Première Guerre mondiale, en allemand. Cette énumération peut être appuyée par la pose d’une bougie pour chaque nom au pied du monument.

3. Chants et hymnes 

D’un point de vue intellectuel, il est inconcevable – et inconvenant – d’honorer la mémoire des 50 000 Feldgrauen alsaciens et mosellans, alors citoyens du Reichsland Elsass-Lothringen, en leur chantant… La Madelon !

A l’instar de la commémoration franco-allemande de Verdun en 2016, en présence des chefs d’Etat respectifs – Angela Merkel et François Hollande – Unsri Gschìcht propose que soit chanté Ich hatt’ einen Kameraden. Le texte de ce chant peut être distribué à l’assistance pour lui permettre de participer.

Enfin, l’Ode à la joie / Ode an die Freude, hymne européen, célèbre la paix.

4. Drapeaux 

En plus du drapeau tricolore français, il est juste et légitime de faire figurer le drapeau historique de l’Alsace et de la Moselle – Rot un Wiss en Alsace, augmenté d’une petite croix de Lorraine jaune dans l’angle haut, à gauche en Moselle.

Le Rot un Wiss – dont l’origine se perd dans la nuit des temps et dont les Alsaciens et les Mosellans ont naturellement reconnu les couleurs comme étant celles de leur Heimet – est le drapeau adopté à l’unanimité par le Landtag Elsass-Lothringen le 25 juin 1912. De fait, le Rot un Wiss est le drapeau des Feldgrauen alsaciens-mosellans durant toute la Première Guerre mondiale et, d’une manière générale et non partisane, celui du peuple alsacien et du peuple mosellan.

Montage vidéo sur l'air et avec les paroles de Ich hatt' einen Kameraden,

réalisé pour le 11 novembre 2020 (période de confinement).

Les 4 erreurs historiques à éviter en Alsace et en Moselle

 

 1. La mise en perspective avec la Deuxième Guerre mondiale

En Alsace et en Moselle, le contexte de la Première Guerre mondiale est radicalement différent de celui de la Deuxième. De culture et de langue germaniques, les Feldgrauen alsaciens-mosellans de la Première Guerre mondiale, sauf une petite minorité, se sentent allemands et sont enrôlés en toute légalité dans l’armée de leur pays, l’Allemagne. Il n’y a donc pas lieu de créer un parallèle avec la situation des Malgré-nous – alsaciens et mosellans de nationalité française – incorporés de force  à partir de 1942 par le régime nazi, en violation des traités internationaux.

2. La Libération de 1918

Cette expression, pour dénoncer un prétendu joug boche, est une invention de la propagande française. Elle ne correspond en rien à la réalité sociale, culturelle et économique vécue par les Alsaciens-Mosellans durant le Reichsland. Le délire tricolore de 1918 – orchestré par les autorités françaises et organisé avant le retour des Feldgrauen démobilisés – célèbre avant tout la fin de 4 années de conflit.

3. Les chants patriotiques français

Hormis La Marseillaise, en tant qu’hymne national de la République française – quoique le sang impur dont il abreuve nos sillons désigne, ici, aussi celui des Feldgrauen alsaciens-mosellans… – tout autre chant patriotique français – comme La Madelon, par exemple – constitue une offense à la mémoire de nos aïeux que cette cérémonie est censée honorer.

4. La lecture de lettres de poilus

Il en va de même de la lecture de lettres ou d’extraits de lettres de poilus devant les monuments qui portent les noms des Feldgrauen. La décence et le respect de la vérité historique, voire le simple bon sens imposent que leur soient préférées des lettres de Feldgrauen

 


 

Lexique

 

Ich hatt’ einen Kameraden

J’avais un compagnon. Composée en 1809 à Tübingen par le poète romantique Ludwig Uhland (1787-1862), cette complainte – Der gute Kamerad (Le bon compagnon) dans son titre originel – devient un chant militaire lorsqu’il est mis en musique en 1825 par le compositeur allemand Friedrich Silcher (1789-1860).

Loin de véhiculer un quelconque message belliqueux, il exprime avec puissance la douleur de perdre au combat un bon camarade. C’était déjà, durant la Première Guerre mondiale, un chant populaire de l’armée allemande.

Francisation des prénoms

Au lendemain du traité de Versailles, la langue française est imposée dans les actes et documents officiels en Alsace. Dès lors, lorsque seront inscrits sur les monuments aux morts les Franz, Peter, Karl et autres Josef – tous nés et morts allemands et dont les prénoms se transmettent souvent de pères en fils depuis des générations – sont-ils rebaptisés brutalement François, Pierre, Charles et Joseph… Il s’agit là d’une violation des histoires individuelles, doublée d’une étonnante atteinte à la vérité historique.

Notons toutefois certaines exceptions – comme à Geispolsheim et Lampertsloch et plus récemment Saint-Nabor (Bas-Rhin) – où les prénoms figurent sur les monuments dans leur forme initiale et donc véritable, sans que la République se trouve en péril dans ces communes…

Libération de l’Alsace-Moselle en 1918

Selon le Larousse, libération désigne une « action mettant fin à la sujétion qui atteint un groupe, un peuple ». Utilisée par l’historiographie officielle française pour justifier une stratégie conquérante, la victoire française de 1918 ne peut, au regard des réalités historiques vécues par les Alsaciens-Lorrains, être qualifiée de libération.

Concernant l’Alsace et la Moselle, il convient de désigner le 11 novembre uniquement comme le jour de l’armistice et non, du point des Feldgrauen, comme celui de la victoire, encore moins celui de la libération. On parlera, pour qualifier les événements de novembre 1918 en Alsace et en Moselle, d’entrée des troupes françaises, de reconquête, voire d’occupation (jusqu’à la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919).

Après leur démobilisation et leur retour dans leur Heimet d’Alsace et de Lorraine, les anciens Feldgrauen ne participèrent pas aux cérémonies du 11 novembre organisées dans leur commune. Une attitude légitime.

Libération – avec une majuscule – désigne, à raison, la victoire des Alliés sur l’idéologie nazie en 1945.

Malgré-nous

Cette expression est souvent utilisée – à tort ! – pour désigner les Feldgrauen alsaciens-lorrains de la Première Guerre mondiale.

En 1914, comme tous les citoyens allemands, les Alsaciens-Lorrains furent incorporés dans la plus stricte légalité, avec un sentiment patriotique similaire que l’on attribue aux incorporés français. Si, dès l’entre-deux-guerres, d’anciens combattants francophiles mosellans inventèrent l’expression Malgré-nous, ils ne parvinrent cependant à la populariser, puisqu’elle ne correspondait pas au vécu de la plupart des anciens Feldgrauen.

Durant la Première Guerre mondiale, le soldat alsacien ou mosellan contraint de servir sous l’uniforme Feldgrau mais gardant son cœur français est donc un mythe, fabriqué de toute pièce par la propagande française durant l’entre-deux-guerres pour justifier la politique brutale de francisation d’une population de culture germanique.

L’expression Malgré-nous est aujourd’hui utilisée pour désigner les Alsaciens-Lorrains incorporés de force par le IIIe Reich à partir de 1942, en violation du droit international.

En Alsace et en Moselle, les contextes tant sociologiques, culturels que politiques des deux guerres mondiales sont radicalement différents et ne doivent pas être confondus.

Poilu

L’expression désigne les soldats français de la Première Guerre mondiale. La commémoration du centenaire de la Grande Guerre a donné lieu à de nombreuses animations publiques et scolaires tendant à assimiler les Feldgrauen alsaciens-lorrains… aux poilus !

Ainsi, malgré l’absence de soldats morts pour la France dans la quasi totalité des communes en Alsace et en Moselle, des lettres de poilus – bien sûr respectables en soi – sont lues devant les monuments aux morts. Prétendre rendre hommage aux Feldgrauen en leur lisant des lettres de leurs ennemis apparaît comme totalement saugrenu, alors que la vérité historique impose de lire leurs lettres… à eux ! Il est tout aussi saugrenu d’entonner La Madelon pour honorer la mémoire des Feldgrauen.

Ces rituels, légitimes en vieille France, constituent en Alsace et en Moselle une déformation grotesque et intellectuellement malhonnête de la réalité historique. Voire une insulte à la mémoire de nos aïeux.

Rot un Wiss

Contrairement à une idée reçue, le drapeau Rot un Wiss (rouge et blanc) n’appartient à aucun parti politique ni groupuscule quelconque. Puisant ses racines dans l’héraldique médiévale, il est devenu le drapeau du peuple alsacien à la fin du XIXe siècle.

Il fut logiquement adopté à l’unanimité par le Landtag du Reichsland le 25 juin 1912 pour constituer, assorti d’une croix de Lorraine, le drapeau officiel de l’Alsace-Lorraine. Sans dimension partisane, il incarne l’âme du peuple alsacien.