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Sur les traces buissonnières et littéraires des Alamans

 

 

 

Conférence de Dominique Rosenblatt donnée au Centre Culturel Alsacien le jeudi 28 avril 2022 à 18h, dans le cadre d'un "atelier d'histoire" animé par Jean-Paul Sorg.

 

 

Voici des références littéraires pour qui veut s’intéresser davantage à la chute de l’Empire romain et aux Alamans.

Le livre de Bernard Wittmann met l’accent sur les Alamans, après les Celtes et les Romains, à partir du sixième chapitre.

 

Des traces touristiques

Le sujet est présent au musée archéologique de Freiburg. Le musée historique de la ville propose une plaquette en français, Trouvailles archéologiques témoins de l’Histoire (Karl Schillinger, 1981, 40 p.), qui évoque la période romaine. L’auteur, Gerd Biegel, aborde le rôle des fibules et son évolution dans la tenue vestimentaire des Alamans.

Il y a un musée alaman à Vörstetten, sur le modèle des écomusées : reconstitution de la maison-étable, provenance de ces Alamans de l’aire proche de la Mer du Nord. Il date les vestiges du début du Ve siècle. Les Alamans se seraient établis à la frontière de l’Empire romain. Le musée reconstitue l’art de cultiver, de produire des outils, des armes, des vêtements. Les jardins, le four du potier, la forge, les métiers à tisser, reprennent les éléments de vie quotidienne sur un mode pédagogique et ludique. Dans la salle pédagogique, un ouvrage collectif (ci-contre) est à disposition ; l’introduction évoque une filiation qui va jusqu’à Johann Peter Hebel.

FUCHS, Karl-Heins, KEMPE, Martin, REDIER, Rainer, THENNE, Barbara, WAIS, André, (2001), Die Alamannen, Theiss, 528 p.

Le musée, en plus du descriptif en français, propose une brochure de 60 pages, qui développe la visite du musée et des abords, avec une bibliographie récente les concernant. Mais, concernant les fouilles transfrontalières, il y a un ouvrage bilingue : Am anderen Flussufer. Il est téléchargeable en PDF sur Academia.org

Au musée gallo-romain de Biesheim, une brochure sur des fouilles est consultable. Les cartes sont en couleurs sous OpenEdition.

Ces questions de la percée des Alamans semblent peu intéresser les Badois. Leur exploitation politique a laissé un souvenir qui incite à la prudence.  

En Alsace, on est plutôt sur la dimension gallo-romaine, comme le dit la synthèse de Wittmann, en phase avec une opinion datant de la IIIe République, qui fait du Rhin, le nasser limes, une ligne de fracture entre les civilisations latines et germaniques ; la France valorise les Francs, incarnant paradoxalement la civilisation latine. On trouve cet usage politique par exemple dans le roman d’Erckmann et Chatrian, L’Invasion, qui raconte la résistance des paysans, lors de l’avancée des coalisés, en 1814 : les alliés qui ont battu Napoléon deviennent des « hordes germaniques », et font face, à travers les montagnards, les paysans et les braconniers vosgiens, à un mouvement de résistance, malgré la traitrise du fou, Yégof.

Pourtant, il y a dix ans déjà, Jean-François Kahn a tenté de remettre les pendules à l’heure. Avec L'invention des Français, du temps de nos folies gauloises (Fayard, 2013, 590 p.), le journaliste déconstruit le mythe de Vercingétorix, en citant de nombreux auteurs latins et en revenant sur l’histoire romanesque, romancée, en tous cas, sur le récit historique français. Son livre met en garde, si besoin est, par rapport à toutes les histoires-récits portant sur des peuples anciens (p. 46). Ce journaliste s’amuse de l’usage politique, usage abusif de l’Histoire.

Les visiteurs du musée gallo-romain de Biesheim pourront consulter des bandes dessinées et des livres destinés aux enfants visiteurs, qui nous amènent à envisager une nouvelle piste sur la trace des Alamans…

Quelques pas dans le monde romanesque et la bande-dessinée

 

La couverture ci-dessous fait penser à tort au Teutoburgerwald. Alix est un jeune Gaulois romanisé, qui voit donc passer le monde romain. Dans la première aventure, il découvre un complot contre Jules César, avec l’épée de Brennus, censée unir les Gaulois et des Germains contre César. Alix fait échouer la conjuration, suite à une poursuite à travers toute la Gaule, aidé par une meute de loups.  

Un ouvrage pour la jeunesse, La capture de César, de Michel-Aimé Baudouy (Rageot, coll. Cascade, 1989, 159 p.), raconte une tentative des montagnards pyrénéens de résister aux Romains. Le roman vante les avantages, pour les Gaulois, à accepter la civilisation romaine ; il se termine par un dossier qui donne un glossaire, des indications sur les Gaulois, les Romains, et la conquête. Le portrait des Gaulois est peu flatteur !

 

 

 

 

Une autre BD, Léon le grand : défier Attila (Glénat, Cerf, 2020, 54 p.), de France Richemond (scénario) et Stefano Carloni (dessins), insistant sur l’implantation du christianisme, montre à sa manière l’effondrement de la romanité. Depuis Constantin, dit le dossier qui suit la BD, les cadres chrétiens sont devenus le ciment d’une société disloquée. Les conciles jugulent les hérésies, et fixent les éléments de la foi.

 

 

 

Elle montre la perte de la cohérence de l’empire romain, au Ve siècle. Attila, (vers 390-461), avec les Huns, ravage l'Europe et menace Rome, abandonnée par Valentinien III, réfugié à Ravenne. Le pape rencontre ce « Barbare », le dissuade d'attaquer. Léon Ier affirme l'autorité de l’Église et impose Rome comme siège incontestable du christianisme.

 

Il y a un roman formidable de Stig Strömholm qui évoque cette époque troublée. Paru en Suède en 1975, La vallée, (Presses universitaires de Caen, 2007, 313 p.) a pour cadre notre région, dans la Gaule romaine agonisante, au milieu du Ve siècle, au moment des invasions des Huns.  Le récit évoque avec tristesse la fin de l’époque romaine, du point de vue d’un jeune Romain, héritier d’une villa isolée. L’invasion cause sa perte.

 

 

 

 

Toujours dans la Völkerwanderung, il y a le roman de Joseph Poth, Le retour du centurion (Serpenoise, 2001, 142 p.), qui se passe dans le secteur de Bliesbruck-Reinheim. Le romancier évoque notamment la bataille des Champs Catalauniques, avec des annexes, sur le sentiment anti-romain chez les peuples soumis.

On peut trouver les Alamans également en passant par les Francs, leurs ennemis. Un récit de la vie de Ste Geneviève tourne autour de ses relations avec les Francs. Geneviève en 423, fille de riche propriétaire terrien, connait Aetius, (p. 27), et Attila. Chrétienne déterminée, elle conjure les gens à ne pas fuir devant les Huns (p. 91), malgré la défaite d’Aetius face aux Francs sur le Rhin.

 

 

D’origine franque, elle est en relation avec Mérovée, puis Childéric, qui règne entre 464 et 481, sur les régions au nord de la Somme, tantôt allié aux Goths, tantôt aux Romains. Geneviève souhaite que les Francs prennent le relais de Rome en Gaule, (p. 142), elle espère les convertir. Contre les Burgondes, les Saxons, les Vandales, les Wisigoths, les Alamans, elle espère qu’ils sauveront le christianisme et la Gaule…

 

Puis Childéric meurt en 481, et Clovis lui succède. En 496, Clovis, contre les Alamans, sur le champ de bataille de Tolbiac, implore le Dieu de Clothilde de lui donner la victoire. L’Alémanie, de Strasbourg à Cologne, sur la rive droite, devient la Franconie. Puis il traverse l’Alsace vers Toul, vers Reims où il est baptisé, avec 3000 soldats, le 25 décembre 496. Lutèce devient une capitale. Clovis meurt en 511, ayant déployé son protectorat sur les Alamans de Forêt-Noire et de Bavière, et annexé les territoires des Francs Ripuaires, entre Rhin et Moselle, entre Liège et Cologne.

 

Il faut donc évoquer également un roman de Paul Murray Kendall sur les Mérovingiens : Mon frère Chilpéric. Chronique des rois aux cheveux longs, 550-597 (Buchet/Chastel, 1979, 257 p.). Là encore, c’est un terme pratique pour passer dans l’implicite de l’ascendance germanique. Le roman évoque les quatre rois mérovingiens, « à la longue chevelure », Germains blonds.

 

 

Bernard Fischbach propose un roman historique, Le glaive et la serpe (Bastberg, 2003, 228 p.). Un druide, déchu par la romanisation, vit en ermite dans la vallée de l’Ill. Son peuple, les Rauraques, s’est voué à la mythologie romaine car le druidisme est sévèrement réprouvé au sein de la Pax Romana. Mais le devin est guérisseur. Un riche romain d’Augusta Raurica, fait discrètement appel à lui pour soigner sa fille… En repartant de la ville, où il a croisé des martyrs chrétiens, le druide en prédit la chute, et la fin de la romanité.

 

 

Voici aussi le roman de Claude Pujade-Renaud portant sur St Augustin, lequel assiste à la chute de Rome, et il s’efforce de rendre pensable cet événement inimaginable. Dans l’ombre de la lumière (Babel, 2013, 310 p.) est écrit du point de vue de son ancienne maîtresse. Il y a, à l’époque d’Augustin, des barbares chrétiens, souvent dans la mouvance arienne, et ils se pressent aux portes de l’Empire. Ils déferlent, déjà en 405 dans les Alpes (p. 198). Certains pensent que c’est la vengeance des dieux païens, évincés par les chrétiens (p. 212). Rome tombe le 24 août 410 (p. 221). La Cité de Dieu est la réaction d’Augustin (p. 240).  Mais les Vandales arrivent en Afrique. Leur chef était Genséric, un chrétien arien (p. 291). Augustin affirme que le croyant est un exilé sur terre, et dont la demeure est dans les Cieux.

 

Deux éclairages d’historiens professionnels

Voici, Peter Haether, un auteur qui raconte du point de vue des « Barbares » dans Rome et les Barbares, Histoire nouvelle de la chute de l’Empire, (Alma Editeur, 2017, 631 p.).

Les Alamans, sont là, plus ou moins sur la base de traités avec les Romains, et se rebellent lorsque la situation politique intérieure de l’Empire le permet. Il y avait aussi des guerres entre Alamans et Francs, comme entre Alamans et Burgondes. Le Limes est poreux, il y a des échanges commerciaux, des services pour l’armée, et même un métissage culturel, qui affectait les sociétés germaniques (p. 109).  

 

 

Les Alamans avaient des princes héréditaires, que les Romains cherchaient à éliminer. Les fouilles permettent donc de connaître les Alamans du IVe siècle… Les Etats germaniques qui succèdent aux Romains de la fin du Ve siècle, les Goths, les Lombards, les Francs et les Anglo-Saxons, d’autres, font des textes juridiques selon trois castes : les hommes libres, les affranchis, héréditaires, et les esclaves (p. 121).

 

Les Goths fuient les Huns, (p. 184), venus des bords de la Mer Noire, en 375-376, et débordent en territoire romain, jusqu’à ce que les Huns restent de l’autre côté du Danube. Certains peuples trouvent asile chez les Romains. Les Huns étaient davantage des pillards que des conquérants.

Au IVe siècle, les Romains veulent en finir avec les Goths. Les Lentiens, peuple alaman habitant la Suisse actuelle ou le nord des Alpes, décident de traverser le Rhin. Ils sont repoussés en 378, et les Romains décident d’en finir, ce qui amène les Goths à anéantir l’armée romaine et à s’ouvrir la route de Constantinople. Les Goths, en août 410, pillent Rome. Les Vandales, les Alains et les Suèves, peuples établis entre le Rhin supérieur et le Danube supérieur, forcent le passage le 31 décembre 406. Ils passent près de Mayence, et évitent donc les territoires alamans (p. 247). Ils mettent à sac Mayence, visent Trèves et Reims, avancent jusqu’à Amiens, Paris, et Tours vers Bordeaux. En 411, ils sont en Espagne (p. 273). Cette catastrophe du sac de Rome, en 410, est analysée par St Augustin, et il démontre que l’Empire romain, avec sa civilisation est mortel

Le long du Rhin, Francs, Burgondes, Alamans, Juthunges, peuple des Alpes, font des incursions. Les Wisigoths dans le midi, les Suèves en Espagne, tout le monde fait la guerre. Aetius, le dernier grand stratège romain, va réussir à tenir les morceaux de l’empire qui se défait, encore une trentaine d’années. Aetius repousse les Wisigoths, et il est obligé de s’allier avec les Huns. Il attaque les Burgondes, et déporte les survivants vers le lac de Genève, repousse les Francs et les Alamans.

Certains historiens professionnels sont également romanciers. En voici un, Alessandro Barbera, dont l’ouvrage comporte 30 pages de bibliographie internationale, et 50 de notes de bas de page. Barbares. Immigrés, réfugiés et déportés dans l’Empire romain (Texto, 2009, 2011, 352 p.) raconte du point de vue des immigrés de l’époque.

 

L’Empire romain se considérait prospère et civilisé, avec des inégalités mais une administration stable : des populations extérieures menacées par la faim et la guerre sont tenues à distance par une frontière militaire.

 

Les autorités gouvernementales ont le choix entre les quotas et l'accueil en masse de réfugiés. Mais la situation devient incontrôlable au IVe siècle. La naissance des royaumes francs ou alamans fait éclater la notion même d'un territoire romain opposé au monde barbare, précipitant la chute de l'Empire d'occident. Barbero considère que la région rhénane ait pu correspondre plutôt à une civilisation de frontière. D'ailleurs, c'est surtout pour le commerce que la mobilité était tolérée. Chez les Romains, l’armée est essentielle. Et on retrouve des troupes ethniques au côté des régiments réguliers (p. 71), mais sans forcément que leur tribu d’origine soit admise dans l’Empire, ou alors, à des fins d’assimilation. Rome laisse entrer les gens de façon incontrôlée, ou en déporte, comme les Burgondes, en Grande-Bretagne, (p. 90), ou transforme des prisonniers, au IIIe siècle, pour en faire des soldats ou des cultivateurs, et les assimile peu ou prou (p. 85).

Une partie de la garnison de Thèbes est constituée par la Ala I Alamannorum (p. 88), et il y en a d’autres en Phénicie. Ce sont des troupes auxiliaires qui combattent en première ligne, comme tous les contingents des peuples vaincus. La déportation de population vers l’Empire romain va devenir systématique, entre 284 et 311, avec Constantin, et en accord avec les grands propriétaires terriens. Il semble que Constantin, le fils de Constance, récupère un régiment d’Alamans, ils sont affectés en Grande-Bretagne, avec leur chef, Crocus, ou Erocus (p. 105).

On a trouvé un médaillon à Lyon, qui montre deux empereurs accueillant une foule traversant le Rhin : celle d’une tribu germanique « pacifiée » et réinstallée dans l’Empire (p. 96 à 100), où ils seront dediticii, paysans déracinés liés à un maître.

 

Que dire de ce chemin parcouru ?

Avec les Celtes et les Gaulois, les Alamans présentent au romancier un cadre épique formidable, un âge d’or, comme le récit français du dix-neuvième faisait avec les Gaulois.

Ils servent de projection, on peut les admirer, ou se moquer d’eux, comme a fait Germain Muller. Cette Völkerwanderung fascine, également au cinéma, et suggère des transpositions validant les angoisses actuelles face aux questions migratoires. Mais on ne peut transposer trait pour trait la situation européenne actuelle à partir de celle des « invasions barbares ».  

En effet, si les frontières sont arbitraires, et mouvantes, la mobilité est partout, bien qu’elle ne concerne que moins de 5% de la population mondiale. Les migrations augmentent depuis les années 1950, mais il vaudrait mieux dire « mobilités » (cf. ORTAR, Nathalie, SALZBRUNN, Monika, STOCK, Mathis, (2018), Migrations, circulations, mobilités, nouveaux enjeux épistémologiques à l’épreuve du terrain, Presses universitaires de Provence, 238 p.).

 

 

Webographie

 

Un moteur de recherche : http://www.theses.fr/fr?q=*:Alamans

 

Un autre, avec bien de la publicité : https://www.histoiredumonde.net/Alamans.html

 

Un documentaire en allemand : https://www.youtube.com/watch?v=JFPmrERbIDE

 

Sur l’incorporation des barbares dans l’armée romaine :

https://www.cairn.info/revue-strategique-2009-1-page-109.htm

 

Sur la chute du Limes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chute_du_limes_de_Germanie

 

Une bonne synthèse en allemand, avec une bibliographie allemande des années 90 et un apport de l’archéologie : https://d-nb.info/1123423032/34

 

Un éclairage helvétique sur les installations des Alamans en Suisse :
http://www.geschichte-schweiz.ch/alamannen.html

 

Le Dictionnaire Historique de la Suisse : https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/008027/2018-01-18/

 

Un site allemand sur l’archéologie à propos des Alamans :
https://www.archaeologie-online.de/artikel/2001/thema-alamannen/die-alemannen/

 

Un site de défense du parler alémanique : https://www.alemannische-seiten.de/alemannisch.php

https://www.alemannisch.de/

 

Le site de l’institut alémanique de Fribourg :

https://alemannisches-institut.de/website.php?id=startseite.htm

et sa carte de l’espace alémanique :

https://alemannisches-institut.de/website.php?id=deralemannischeraum.htm

 

Un site en français sur la variété des parlers allemands :

https://www.lexilogos.com/germanique_langues.htm

 

Pour voir la lex alamanorum

https://zendsbb.digitale-sammlungen.de/db/0000/sbb00000125/images/index.html?seite=207&signatur=Msc.Jur.35

 

Pour en lire une analyse lexicologique :

https://www.uni-bamberg.de/germ-ling/forschung-und-lehre/forschungsprojekte/volkssprache-in-den-leges-barbarorum/

 

Pour en lire une analyse juridique :

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/CHD/halshs-00872176

 

Une analyse des causes de l’infériorité des Alamans face aux Francs :

https://journals.openedition.org/alsace/87

 

Des études du passage de l’Antiquité au Moyen-âge :

https://www.cairn.info/de-l-antiquite-au-monde-medieval--9782130431817-page-155.htm

https://www.cairn.info/de-l-antiquite-au-monde-medieval--9782130431817-page-47.htm

 

Une analyse en français sur la fixation des identités européennes durant le haut Moyen-âge : https://www.cairn.info/revue-annales-2005-1-page-183.htm?contenu=resume